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 Séminaire Freud - L'avenir d'une illusion - séance 4

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Chapitre VI.

Distinction entre erreur, illusion et illusion délirante.

A la fin du chapitre précédent, Freud nous a laissés sur un constat qui semble indépassable : malgré leur manque de crédibilité, malgré leur manque d’assises rationnelles, les représentations religieuses ont exercé une forte influence sur l’humanité, et continuent d’exercer cette emprise malgré les avancées de la science qui auraient dû nous sortir de ce modèle infantile et illusoire. C’est pourquoi Freud affirme qu’il s’agit là non pas d’un problème cognitif, mais d’un problème psychologique. Ce à quoi nous nous heurtons relève de nos représentations psychiques, indépendamment de nos élaborations rationnelles. Et ceci révèle un problème fondamental et crucial.

Le VIème chapitre repart donc de cela : en quoi consiste la force interne de ces dogmes, puisqu’ils semblent « déborder » la raison et à quelles circonstances ces dogmes « doivent leur efficacité indépendante de leur reconnaissance par la raison. » p. 77 ?

Freud nous dit d’emblée que nous disposons des éléments pour répondre à ces deux questions. En effet, dans les chapitres précédents, il a montré que les représentations religieuses reposent sur un modèle infantile. Si l’on se souvient, dans le chapitre III, Freud fait un parallèle entre le désarroi du petit humain et le secours que l’homme peut trouver dans la religion. Comme l’enfant cherche à être protégé et aimé par son père, l’adulte cherche à être protégé et aimé par Dieu. Dans la croyance religieuse se réalise le désir d’être aimé et de ne plus rien avoir à craindre. C’est pourquoi, la croyance religieuse ne relève ni de l’expérience, ni de la raison. Elle n’est pas liée à un quelconque vécu qui permettrait de conclure qu’il est plus judicieux de croire que de ne pas croire. Par exemple, on pourrait imaginer que les hommes pieux ont une vie meilleure, une destinée plus heureuse, ce qui nous inciterait à penser qu’il est de notre intérêt d’être croyant et de faire comme eux. Or l’expérience nous montre bien que le fait d’être croyant ne nous épargne en rien les affres de la vie terrestre ! Je cite Spinoza : « Et, bien que l’expérience protestât chaque jour et montrât par une infinité d’exemples que les avantages et les inconvénients échoient indistinctement aux pieux et aux impies, ils ne se sont pourtant pas défaits de ce préjugé invétéré. » Appendice à l’Ethique I. De même, ce n’est pas non plus l’exemplarité des croyants qui pourrait nous inciter à avoir la foi, car comme le dit encore Spinoza :  « Je me suis souvent étonné que des hommes qui se vantent de professer la religion chrétienne, c’est-à-dire l’amour, la joie, la paix, la maîtrise de soi-même et la bonne foi envers tous, rivalisent d’iniquité et exercent chaque jour la haine la plus violente les uns contre les autres, de sorte qu’on reconnaît la foi de chacun par cette haine et cette iniquité plutôt que par les autres sentiments. Les choses en sont maintenant venues au point que l’on ne peut reconnaître si quelqu’un est chrétien, turc, juif ou païen, si ce n’est par l’aspect extérieur du corps et par le vêtement, et en sachant quelle Eglise il fréquente, à quelle opinion il se range, dans les mains de quel maître il jure. Pour le reste, ils mènent tous une vie semblable. » TTP, Préface. Donc ce n’est pas l’expérience qui nous incite à admettre les dogmes religieux. Ce n’est pas non plus la raison nous dit Freud. En effet, un peu de réflexion pourrait nous faire prendre conscience, sinon de l’absurdité, tout au moins du manque de preuves rationnelles. Non, la raison est hors-jeu, il ne peut y avoir de foi dans les limites de la simple raison. Quand bien même celle-ci voudrait s’y pencher, les dogmes religieux l’en défient. Reste alors l’illusion, assise sur l’une de nos plus fortes passions : la crainte. Pour rappel, la passion c’est que l’on subit, c’est la passivité par opposition à la volonté active. Nous subissons la crainte et nous ne désirons qu’y échapper. Voilà le nœud de l’explication. Nous connaissons un tel désarroi face à notre condition d’être fini, que nous cherchons désespérément une « solution » pour échapper à cette déréliction. Nous ne supportons pas l’idée de notre irrémédiable fin, ce refus est tellement fort qu’il entraîne la production de représentations qui dépassent l’entendement, parce que justement notre souffrance dépasse l’entendement ! L’angoisse de la mort n’est pas la peur de la mort. Cette dernière renvoie à la manière dont les choses vont se passer : vais-je me rendre compte ? Vais-je souffrir ? Cela va-t-il durer longtemps ?… L’angoisse de la mort est bien plus radicale et plus insupportable. Elle renvoie au fait que maintenant, j’éprouve qu’il y aura un présent qui ne sera pas mon présent, et qui sera sans moi. L’angoisse de la mort révèle une véritable détresse à laquelle nous tentons sans cesse d’échapper : en nous divertissant, comme le disait Pascal, c’est-à-dire en nous distrayant, en nous intéressant à des choses vaines et futiles, en consommant, mais aussi en travaillant, en réfléchissant et en croyant … C’est pourquoi à propos des représentations religieuses, Freud peut dire que : « le secret de leur force est la force de ces désirs » p. 78., désirs d’être protégés et d’être épargnés, comme si cela pouvait être possible !

Freud retrace rapidement le processus qu’il a déjà expliqué : par une sorte de projection, nous passons du père protecteur réel, au Père que l’on appelle Dieu (à noter la surabondance de figures parentales dans l’église : « mon père », notre « sainte mère l’église » …). Ce dernier rachète tous nos sacrifices, tous nos renoncements pulsionnels en nous promettant une vie meilleure et éternelle. La religion nous donne en plus réponse à toutes nos questions les plus cruciales : l’origine du monde et de la vie, le lien entre l’âme et le corps. Dieu a ainsi créé le monde et l’homme dans ce monde. Il a pourvu celui-ci non seulement d’un corps, mais aussi d’une âme. Or c’est celle-ci qui lui permet de penser sa condition dans le monde. Et cela tombe bien, c’est justement elle qui est éternelle ! Non seulement on gagne en éternité, mais on gagne en sens. Que désirer de plus ?

Le problème est que tout cela n’est qu’illusion.

Extrait 1 : p.79 : « Quand je dis que tout cela … aux accréditations de celle-ci. »

Freud profite de ce passage pour faire la distinction entre l’erreur et l’illusion. On pourrait ajouter ici la distinction d’un troisième terme : le mensonge.

Commençons par l’erreur. Cette dernière a à voir avec la connaissance. L’erreur est en quelque sorte « innocente », elle est involontaire et, si je puis dire, elle est de bonne foi. Je peux commettre une erreur de raisonnement, cela signifie que je me trompe dans le cheminement de mon raisonnement, mais en aucun cas je ne cherche par exemple à tromper ou à séduire. Quand Aristote dit que l’ordure produit la vermine, c’est parce qu’il n’a pas d’autre hypothèse à sa portée pour expliquer la pourriture, son but n’est pas de nous faire errer. Il faudra attendre Pasteur au 19ème siècle pour savoir qu’il n’y a pas de génération spontanée, mais qu’il s’agit là d’une fermentation bactérienne. De la même façon, le système géocentrique de Ptolémée est un système parfaitement cohérent, qui a servi de modèle explicatif pendant des siècles. Sa seule faiblesse était qu’il était faux ! Ici non plus, il n’y avait aucune intention de tromper ou de maintenir dans l’ignorance. Face à une nature qui ne nous parle pas, les hommes essaient de trouver des explications. Celles-ci peuvent être erronées, elles peuvent produire des jugements faux sur une réalité qui est alors mal interprétée. Pour faire simple, on pourrait dire que l’erreur est une mauvaise explication du monde, une explication qui ne décrit pas la réalité.

Attardons-nous un instant sur le mensonge, même si Freud ne l’évoque pas ici. Comme l’erreur, il peut être considéré comme le contraire de la vérité, mais il ne se situe pas sur le plan du savoir, mais sur celui de la morale. Il concerne nos actes et nos relations avec les autres. Quand je mens, c’est dans l’intention délibérée de tromper. Le mensonge est volontaire et a pour but de manipuler, alors que l’erreur se trompe sur la réalité, mais ne cherche pas à tromper.

L’illusion est un autre opposé de la vérité. Il est important de la distinguer du mensonge, car elle n’est pas non plus volontaire. L’illusion se trompe de monde (signifie « se jouer de … », ludere), elle est d’ordre psychologique et renvoie au désir : on voit ou on croit ce que l’on a envie de voir ou de croire, mais si je puis dire encore, sans mauvaise foi. En quelque sorte, l’illusion est sincère. J’ai beau savoir que le soleil est bien plus gros que la terre, il n’en demeure pas moins que je continue à le percevoir comme s’il était plus petit. Et le désir fonctionne de la même façon. Il est parfois si fort qu’il parvient à déformer la réalité. Et ce n’est pas pour rien que nous avons souvent tendance à prendre nos désirs pour la réalité. Cette dernière nous résiste tellement, que nous tombons parfois dans l’illusion qu’elle a enfin cédé. Ca y est, j’ai découvert une nouvelle voie pour aller aux Indes ! J’y ai mis tant de temps, tant d’ardeur, tant d’espérance et tant d’autres choses, que lorsque j’aperçois la terre, il ne peut s’agir que de l’Inde. Rien ne peut me détromper, et je suis absolument sincère. La particularité de l’illusion, c’est donc qu’elle cède au désir. Quand je m’illusionne sur quelqu’un, je ne le vois pas tel qu’il est mais tel que j’aimerais qu’il soit. On a beau me détromper, lui-même peut même se comporter de telle sorte que je ne puisse que convenir qu’il n’est pas celui que je crois voir, il n’en demeure pas moins que je continue à m’aveugler, parce que mon désir est si fort qu’il plie la réalité à ce qu’il souhaite qu’elle soit. L’illusion se trompe de monde, se trompe sur le monde, mais elle n’y peut rien !

L’illusion n’est d’ailleurs pas nécessairement erronée. Je peux me faire des illusions sur moi-même, croire que je suis capable de telle ou telle chose sans que cela ne se réalise dans l’immédiat, mais que cela se réalise un jour, pourquoi pas ? Et puis heureusement que nos désirs se réalisent parfois !

Mais Freud fait une autre distinction encore et évoque l’idée délirante, laquelle est en contradiction avec la réalité, ce que n’est pas nécessairement l’illusion en général. On a pu par exemple s’illusionner pendant longtemps avec l’idée qu’on irait marcher sur la lune. Pendant très longtemps, cette idée n’a été qu’une illusion, répondant à un désir, mais dont les moyens de sa réalisation étaient tellement éloignés des hommes, qu’elle pouvait bien apparaître comme illusoire. Or depuis 1969, cette illusion est devenue réalité. Ce n’est donc pas tant le désir, ni l’illusion qui sont problématiques, mais l’illusion délirante attachée à un désir complètement irréaliste. Et c’est à cela que veut en venir Freud à propos de la religion.

Et c’est ce qu’il nous dit en bas de la p. 80, après l’extrait que nous venons d’expliquer : les dogmes religieux sont des illusions et ils peuvent même être considérés comme des illusions délirantes. Ils sont des illusions car ils répondent à nos désirs (désir de protection, désir d’immortalité, …). Et ce sont des illusions délirantes, car ils sont en totale contradiction avec la réalité et avec les connaissances que nous avons élaborées au sujet de cette réalité grâce aux sciences. Les miracles ne sont des miracles que parce que justement ils contredisent les lois de la physique. C’est la science qui nous permet de donner une explication aux phénomènes naturels, car l’esprit humain est capable de concevoir des lois qui expliquent leurs relations. Les croyances religieuses, dans leur principe, sont irréfutables, infalsifiables comme dirait Popper. On ne peut certes pas prouver qu’elles sont vraies, mais ni non plus qu’elles sont fausses car elles ne sont pas susceptibles d’expérience. Elles ne sont que le fruit de nos divagations. Et il ne s’agit pas d’accepter ce qui nous convient et de rejeter ce qui ne nous agrée pas, c’est dans son principe que la religion est une illusion, car elle est l’émanation de nos craintes, et rien d’autre.

Evidemment, on pourrait comme le fait Freud « rebondir » sur cette idée : la raison ne peut pas réfuter les croyances religieuses. D’ailleurs, tellement de gens y croient ! Cependant, le consensus n’a jamais été une preuve du vrai et il ne faut pas ici commettre d’erreur logique. Ce n’est pas parce que l’on ne peut pas prouver qu’une chose est fausse, qu’elle est nécessairement vraie ! A l’instar de Kant, je ne peux pas prouver que la licorne n’existe pas, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’elle existe ! Comme le dit Spinoza (EIA), on ne peut accepter cette nouvelle manière d’argumenter, à savoir : « la réduction, non à l’impossible, mais à l’ignorance » ou comme le dit ici Freud : « L’ignorance est l’ignorance ; on ne saurait déduire d’elle aucun droit de croire quelque chose. » p. 82. Quelle magnifique phrase ! L’illusion est involontaire rappelons-le. Et si je me mets à douter, je ne peux plus faire semblant que je doute, comment sincèrement puis-je croire parce que c’est absurde (credo quia absurdum) ? Comment puis-je à ce point vouloir humilier la raison ? Pour Freud tout cela n’est au fond qu’hypocrisie. Il s’en prend aux philosophes qui n’ont pas osé affirmer que Dieu n’existe pas, qui en ont fait une entité abstraite. On peut penser en effet aux Déistes comme Voltaire, mais avant eux Descartes ou Leibniz font de Dieu un grand horloger ou un grand organisateur. Ou encore Spinoza qui parle de la Nature. Sans vouloir trop les défendre, au 17ème siècle l’inquisition existe toujours (Galilée passe au tribunal de l’inquisition en 1632). Et il n’est pas si simple d’aller à l’encontre des idées ancrées tellement profondément dans les hommes. Cet écrit de Freud au 20ème en est encore la preuve. Mais il a raison, le Dieu des Philosophes n’a plus grand-chose à voir avec celui des religions. Enfin, ceux qui affirment que l’homme n’est presque rien ne sont pas comme on le croit les plus religieux, puisque la religion est là justement pour sauver les hommes, êtres qui ont tant de prix et qui n’ont pu être simplement abandonnés sur cette terre. C’est le mécréant qui croit que l’homme n’est rien, ou pas grand-chose, et qui l’accepte

Freud termine ce chapitre en réaffirmant que les dogmes religieux relèvent d’une illusion psychologique  délirante : nous avons inventé le soulagement dont nous avions besoin. Et cet apaisement aussi bien ajusté est bien trop beau pour être vrai ! Cela dit, cet avant-dernier argument de Freud n’en est pas vraiment un, il n’est lui aussi qu’une formule rhétorique. Le dernier argument est lui plus convaincant : comment nos ancêtres, bien plus ignorants, disposant de nettement moins de moyens d’élucidation que nous, auraient-ils pu avoir toutes ces réponses ? Mais justement, ils ne les auraient pas élaborées eux-mêmes, elles leur auraient été « révélées » …

 

 

Chapitre VII

La mise en cause de la religion ne sape pas les fondements de la civilisation, laquelle peut désormais prendre appui sur la science.

 

Nous repartons ici de l’affirmation que la religion est une illusion, c’est-à-dire qu’elle nous donne une explication erronée du monde, explication influencée par notre désir d’être épargné.

Freud se fait maintenant l’avocat du diable : si la religion est illusion, comment pouvons-nous être certains que tout ce à quoi nous adhérons échappe à l’illusion, que ce soit en termes d’institutions politiques ou en termes de connaissance scientifique ? Et pourquoi ne pourrait-on pas se tourner vers le sujet et l’interroger comme on interroge le monde extérieur ? Sans en avoir nécessairement conscience, Freud nous indique ici deux facultés qui nous permettent de trancher entre illusion et réalité, deux facultés depuis longtemps reconnues par les philosophes : la raison et l’expérience. Celles-ci ont souvent été séparées, avec d’un côté les rationalistes, de l’autre les empiristes. Pour les premiers, la raison suffit pour connaître et, pour les seconds, seule la perception est suffisante. En réalité, il faut concilier les deux pour échapper justement à l’illusion d’une raison toute puissante et aux illusions de la perception (je vois bien le mirage, mais il n’en reste pas moins un mirage, comme je ne perçois pas que la terre bouge, et pourtant elle bouge). Celui qui a concilié ces deux facultés, c’est Kant. Pour aller vite, il nous a montré que l’expérience est nécessaire à la connaissance, sinon celle-ci est vide de contenu, mais elle doit être interprétée par les catégories de notre entendement (ou de notre raison) pour avoir du sens. De fait, depuis Descartes, nous savons que pour connaître, il faut un sujet qui connaît, il faut un sujet face au monde. Mais depuis Kant, nous savons que la connaissance est humaine, qu’elle ne nous préexiste pas et qu’elle dépend de nos facultés. Si nous étions dotés de facultés différentes, nous aurions une autre connaissance du monde, le monde restant pourtant identique à lui-même. C’est pourquoi Freud a raison lorsqu’il dit : « rien ne doit nous retenir d’approuver que l’observation se tourne vers notre propre nature et que la pensée s’emploie à sa propre critique » p. 84. C’est exactement l’entreprise de Kant : déterminer les capacités et les limites de la raison, d’où la nécessité de sa critique. La connaissance dépend de nous, elle n’existe pas a priori, elle dépend donc de nos facultés. En admettant cela, on voit immédiatement les enjeux : rien n’est plus sacré en tant que tel, mais c’est nous les humains qui élaborons une « vision du monde ». Le monde est notre interprétation en fonction des facultés dont nous disposons, exit une explication et une justification dogmatiques et place à la raison critique. A la différence que Freud envisage cela d’un point de vue psychanalytique avec la dimension de l’Inconscient, alors que Kant aborde la question uniquement à partir de la pensée réflexive. Mais dans les deux cas, on sort du dogmatisme pour entrer dans la pensée critique.

Et c’est justement ce que l’on reproche à Freud, son attitude critique, son « activité interdite ». En effet, mettre en question les dogmes relève, quoiqu’on en pense, du blasphème pour celui qui est croyant. Les dogmes sont sacrés et par définition ne peuvent et ne doivent pas être interrogés. Freud fait alors parler son adversaire dont l’argument peut être résumé comme suit : il ne faut pas mettre en question les croyances religieuses, dans la mesure où la grande majorité des hommes y croit et que cette croyance permet à la civilisation de subsister. En effet, si les hommes ne sont plus arrêtés par les interdits religieux, ils vont donner libre cours à leurs pulsions et c’est la fin de l’espèce humaine ! Donc peu importe que les dogmes religieux soient vrais, l’essentiel est qu’ils soient efficaces. Peu importe que les hommes soient maintenus dans l’ignorance, d’ailleurs la science ne résoudra pas tout, l’essentiel est que leur espèce perdure. Peu importe leur liberté, pourvu qu’ils soient maintenus dans l’illusion sous couvert de les protéger. On ne peut s’empêcher de remarquer ici le mépris des hommes, mais aussi l’absence de sens dans tout cela dès qu’on s’y attarde un peu, et c’est sans doute ce que cherche à mettre ici en évidence Freud. D’ailleurs il reconnaît que de grands philosophes avant lui ont essayé de déciller les hommes, sans grand succès d’ailleurs, puisque ces derniers sont toujours aussi « empêtrés » dans leurs croyances et dans leurs illusions. Seulement, son angle d’attaque est différent, il est d’ordre psychologique. Ce qui en soi est intéressant, puisque cela ne contredit pas les positions philosophiques, mais au contraire les renforce. Cela dit, Freud reconnaît que sa position n’est pas véritablement dérangeante, que les croyances sont tellement prégnantes, qu’elles vont résister sans doute une fois encore aux attaques dont elles font l’objet.

Pourquoi alors risquer la critique, pourquoi s’embarrasser à écrire et à susciter la désapprobation, si l’on est persuadé que cela n’aura aucune portée ? On pourrait répondre que c’est d’abord par souci moral, par souci du vrai. On peut ne pas être croyant, mais se croire redevable envers ses semblables. Mais c’est aussi parce que Freud est convaincu que la croyance religieuse va se révéler plus néfaste que bénéfique à la civilisation. Rétrospectivement, on peut difficilement lui donner tort … Certes, la religion a rendu des services à l’humanité nous dit Freud, mais elle est loin de l’avoir rendue heureuse ! Les hommes continuent à s’entre-tuer en son nom. Les dogmes religieux n’ont pas rendu les hommes meilleurs, on peut même penser qu’ils les ont rendus plus mauvais : envieux, assoiffés de pouvoir et de domination, violents, intolérants, on pourrait continuer la liste … Les croyants opposent à cet argument l’idée que c’est parce que les hommes ne sont pas assez pieux, qu’ils ont remplacé la foi par la science. Mais si les hommes ne sont pas assez croyants, c’est que la religion n’est pas assez forte ! C’est qu’elle contient un vice intrinsèque. On connaît bien l’argument utilisé par les hommes de foi : ce n’est pas Dieu qui est mauvais ou insuffisant, mais ce sont les hommes que Dieu a justement faits libres ! Mais s’il les a faits libres, il faut bien accepter qu’ils s’interrogent, quitte à mettre en question les dogmes religieux. Il faut être conséquent jusqu’au bout : on n’est pas un peu libre en fonction de ce qui nous arrange, on est libre ou on ne l’est pas.

Ce qui nous amène à l’extrait suivant :

Extrait 1 : p.90 ": « il est douteux ... et des hypocrisies.»" --> p.91 "peuples primitifs"

Dans ce passage, Freud reprend l’argument : ce n’était pas mieux avant et ce n’est pas la science qui a modifié foncièrement notre rapport à la religion. Il se montre particulièrement dur ici avec la religion. Autant quand il analyse les fondements de celle-ci, on peut comprendre qu’il mette en avant ce qu’il a cru déceler. Ici, le ton est différent, on peut le qualifier me semble-t-il de ton acerbe. Il ne se situe plus au niveau de l’analyse psychanalytique, mais porte un jugement de valeur et émet un jugement particulièrement négatif à la manière de Nietzsche. Il fait un premier constat : la religion n’a jamais rendu les hommes plus heureux, ni plus moraux. Elle a dû toujours user de stratagèmes pour maintenir l’homme sous sa coupe, comme si les hommes n’avaient jamais vraiment cru, ou pas vraiment sincèrement, en ses préceptes. Il a toujours fallu « jouer » avec les impératifs, les temporiser pour qu’ils soient acceptables ou même simplement réalisables. Aussi, la religion exige mais pardonne, a des idéaux très élevés mais n’oublie pas que l’homme est petit, etc. Bref, elle fait sans cesse des concessions à l’homme, être si faible et si fragile, et en même temps si mauvais et si redoutable. Elle ne peut donc s’en prendre qu’à elle-même quand sont mises en évidence ses faiblesses. On ne sait pas trop si Freud a lu Nietzsche, mais toujours est-il que ce passage semble inspiré directement de l’âpre critique de la religion, et en particulier du christianisme, que fait Nietzsche dans la Généalogie de la morale. On peut y penser notamment par cette référence faite aux prêtres. Reprenons rapidement la généalogie faite par Nietzsche. Les « bons », ceux que la religion désigne comme tels, sont en réalité les faibles, qui sont incapables de vivre debout sans béquilles. Aussi, le christianisme invente des valeurs qui vont à l’encontre de la vie, qui s’opposent à la libre expression des pulsions, qui méprisent le corps et tendent à supprimer les passions, alors qu’attaquer ces dernières, c’est attaquer la vie à sa racine. Ces valeurs sont la compassion, la pauvreté, l’humilité, la chasteté... qui vont justement valoriser les ratés et les faibles, ce que l’Eglise appelle les « bons ». En fait, ceux qui veulent lutter contre les désirs, les nier, sont ceux qui sont trop faibles pour imposer une mesure à ces désirs. Et c’est ainsi que le Christianisme transforme l’inaptitude à résister en morale. Ainsi, les faibles, dans cette morale, sont les meilleurs, sont les « justes ». Sur terre, les faibles sont les « bons », et au jugement dernier, les « méchants » seront damnés et endureront des souffrances éternelles. La morale chrétienne est une morale du ressentiment, de la vengeance contre les « forts ». L’amour chrétien, la pitié, sont engendrés par la haine. Haine des autres, mais aussi haine de soi. Et nous retrouvons une fois de plus la pulsion de mort. En effet, avec l’introduction de la notion de pêché, l’homme se rend malheureux. L’homme doit souffrir, il a besoin des prêtres pour être absout. Ce Dieu est un Dieu qui punit. Le « Jugement dernier », l’ « immortalité de l’âme » sont des instruments de torture, au moyen desquels les prêtres sont devenus les maîtres. Le pêché est une forme d’auto-avilissement de l’homme et inventé pour rendre impossible la science et la culture, car par la science l’homme peut se rendre l’égal de Dieu et donc entraîner la “mort” de ce dernier. Nietzsche affirme en effet que « Dieu est mort », or Dostoïevski fait dire à Aliocha dans les Frères Karamazov que « si Dieu n’existe pas, tout est permis » (d’où cette référence de Freud au mysticisme russe). C’est l’argument classique qui veut que sans religion, aucune morale n’est possible, comme si la morale avait nécessairement besoin d’un fondement métaphysique. En réalité, c’est l’inverse, c’est parce que je crois que Dieu existe et qu’il me pardonnera que je m’autorise tout. Quelle responsabilité imputer à un être qui sera de toute façon lavé de tous ses pêchés ? Si au contraire je crois que Dieu n’existe pas, c’est face à ma conscience que je me retrouve, « sans excuses » comme dit Sartre. On peut croire que c’est la religion qui rend possible la morale, parce que le croyant craint la colère de Dieu et le châtiment. Mais comme le souligne Freud, les religions ont toujours cherché des accommodements pour rendre supportable la contrainte. S’il avait fallu aux hommes se comporter comme l’exigent de façon intransigeante les préceptes religieux, la religion aurait sans doute disparu depuis longtemps … C’est en ce sens qu’il faut comprendre cette phrase de Freud : « L’immoralité n’a pas trouvé moins d’appui dans la religion, à toutes les époques, que la moralité. » p. 90. Il soutient que la croyance en Dieu peut ainsi tout justifier. Au mieux, son effet moral est neutre. Aussi, si la religion a moins d’audience, comme c’était le cas à l’époque de Freud, c’est peut-être tout simplement parce qu’elle a peu d’efficience. Et c’est sans doute lui accorder beaucoup trop de puissance que de croire que sans elle, la civilisation est impossible.

On assiste, comme nous l’avons déjà noté plus haut, à un glissement dans l’analyse de Freud. Il a commencé son ouvrage en nous disant qu’il s’agissait pour lui de comprendre les mécanismes psychiques qui amenaient les hommes à croire en une puissance surnaturelle. Il pensait en avoir trouvé l’explication à partir du modèle infantile. Cela lui a permis, par transposition, de montrer que la croyance religieuse était une illusion visant à pallier la détresse de notre condition. Nous pouvons en prendre acte et adhérer ou pas à son interprétation. Cependant, Freud n’en reste pas à ce simple constat. Il en tire les conséquences gnoséologiques et axiologiques, et non plus seulement psychanalytiques. C’est en cela que Freud intéresse d’ailleurs la philosophie.

Ce faisant, il sort du cadre qu’il s’était fixé, même si p. 88, il a pris la précaution de dire que « la psychanalyse est une méthode de recherche, un instrument impartial, comme par exemple le calcul infinitésimal. » On ne peut s’empêcher de sourire et de percevoir la dénégation …

Les conséquences axiologiques que Freud tire de son analyse renvoient à la liberté et à la responsabilité des hommes. De fait, on peut penser aussi que c’est la liberté humaine qui rend la morale effective. Qu’il n’est pas toujours besoin d’avoir un censeur pour nous surveiller et nous punir le cas échéant. De toute façon, et là encore c’est Freud qui nous a expliqué cela, nous avons intégré nous-même notre petit censeur personnel sous forme de Surmoi. Finalement ce que se demande Freud ici est : quelles sont les conditions pour une morale possible, sachant que celle-ci s’avère nécessaire pour la survie de l’espèce humaine ? Les hommes ont-ils besoin de se sentir menacés pour bien se conduire ? Cette menace doit-elle nous dépasser, doit-elle être transcendante ? A sa façon, Freud retrace également une généalogie de la morale, mais dont il trouve l’origine, non pas dans un Etre supérieur, mais dans la constitution humaine elle-même. Il redonne à l’homme son propre fondement. Bien sûr, Freud ne défend pas l’idée d’une liberté humaine qui ne dépendrait de rien. Nous l’avons vu dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud est un scientifique et croit au déterminisme. Nous ne décidons pas, en tout cas pas complètement, de ce que nous sommes. Nous sommes ce que les autres font de nous, comme le dit le professeur Laborit, « nous sommes les autres », mais avec les autres. Nous sommes des êtres de désir et nous devons composer avec nos pulsions et celles des autres. Pour cela, peut-être n’est-il pas besoin de faire appel à quelque chose qui nous dépasse. Peut-être que l’éducation, l’intégration de normes et le renoncement à un certain nombre de pulsions est-il suffisant. D’ailleurs, n’est-ce pas comme cela que l’on définit la civilisation : mise en place de normes de conduite, d’institutions et de savoirs, afin de permettre à notre espèce, non seulement de survivre, mais de vivre le plus dignement possible ? Là où veut en venir Freud c’est que l’humanité peut se passer de la religion. Elle a été un moment de notre histoire, peut-être pas nécessaire d’ailleurs, aussi ose-t-il : « il faut bien se demander si nous ne surestimons pas sa nécessité pour l’humanité et si nous faisons bien de fonder sur elle nos prétentions à la civilisation. » p. 90. Peut-être peut-on encore aller plus loin et se demander si aujourd’hui, la religion n’est pas plus un facteur de barbarie que de civilisation. En effet, au nom de croyances qui peuvent bien sembler délirantes, certains hommes essaient d’imposer leur « complexion » aux autres. Si Freud sort de ce qui est proprement psychanalytique, la religion sort aussi de ses prérogatives. A moins justement qu’elle n’ait jamais eu que pour but d’imposer des normes de conduite aux hommes en vue que de les soumettre aux puissants. Et comme c’est une des composantes de leur psychisme que de « combattre pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut », la boucle est bouclée.

Seule la science, plus largement le savoir, peuvent-ils nous tirer des superstitions religieuses. Non pas parce que celles-ci ne fonctionnent plus, mais parce que les connaissances ont augmenté et ont mis en évidence la vacuité des représentations religieuses. En tout cas, aujourd’hui, nous avons tendance à dire qu’il ne faut pas les prendre au pied de la lettre, qu’il s’agit là d’images pour mieux nous faire comprendre des idées et que l’on est plutôt dans le symbolisme que dans la réalité. Et c’est sur ces considérations gnoséologiques que se termine cet extrait. La science nous a appris en effet que ce que nous croyions auparavant vrai n’était qu’illusion. Dans L’inquiétante étrangeté (1919), Freud explique que les hommes ont dû faire face à trois humiliations de la part des sciences. La première est la découverte de l’héliocentrisme (1543) qui nous apprend que la terre n’est pas au centre de l’univers et qu’en plus elle bouge. La seconde est la théorie de l’évolution (1859) qui nous révèle que nous avons des ascendances animales. La troisième est, selon Freud, la découverte de la psychanalyse qui nous dit que le « moi » n’est pas le maître dans sa propre maison. Chacune de ces découvertes a pris à chaque fois le contre-pied de que la perception nous indique, mais en même temps aussi le contre-pied de ce que nous affirmait la religion. D’ailleurs, il semblerait même que l’on se soit aperçu, grâce à la paléontologie et à la préhistoire, que nos croyances étaient inspirées directement de la manière dont nos ancêtres comprenaient la réalité. Or disposant de peu de connaissances, ils avaient une vision magique du monde. « Ha brakha dabra » signifierait en hébreu « la bénédiction a parlé », autrement dit « que cela soit comme cela a été dit ». Nous savons depuis longtemps que le monde n’est pas magique, pourtant la pratique religieuse a gardé cette caractéristique (prière, offrande, etc.). Ce qui ne pourrait tendre qu’à mettre en évidence que la religion ne nous apporte aucun savoir, qu’elle ne fait que s’appuyer sur ce que nous percevons. Elle n’est donc qu’ignorance. En effet, croire c’est “refuser de savoir” ce qui est vrai. Ainsi, toute espèce de foi est synonyme d’abdication, d’auto-aliénation. Toute forme de croyance s’oppose à la vérité, elle est donc mensonge et illusion. Et Freud ne dit ici rien d’autre que cela.

A l’inverse, la science s’appuie sur la démonstration, sur la preuve et l’expérimentation. Face à des affirmations auto-justifiées, elle est dans un premier temps démunie. En effet, la science oppose des savoirs à des croyances. Et comme la définition d’un savoir est qu’il peut être confirmé ou par la démonstration ou par l’expérience, les esprits rationnels ne peuvent faire autrement que de le reconnaître quand il est avéré. Plus la science progresse, plus la croyance religieuse devrait reculer, car la première est en mesure de donner des explications rationnelles alors que la seconde ne s’appuie que sur des pétitions de principe. La science peut dater les faits, peut expliciter les lois des phénomènes, la croyance religieuse ne peut que « raconter des histoires » ou des mythes. Freud fait appel au procès, dit procès du singe de Dayton. C’est un procès qui eut lieu aux Etats-Unis, à Dayton, en 1925 et qui opposait les tenants de la théorie de l’évolution à des fondamentalistes chrétiens. Un professeur, John Thomas Scopes, fut condamné à payer une amende parce qu’il avait enseigné la théorie de l’évolution et avait par-là contrevenu au Butler Act (resté en vigueur de 1925 à 1967) qui interdisait aux enseignants de nier « l'histoire de la création divine de l'homme, telle qu'elle est enseignée dans la Bible ». Le professeur fut condamné, mais le procès fit de la publicité à la théorie de l’évolution. Freud parle de demi-mesures et d’hypocrisie. L’Eglise catholique n’a reconnu la compatibilité entre la théorie de l’évolution et la Bible qu’en 1996 !

Freud cherche donc ici à s’opposer à l’obscurantisme. C’est notre combat également, combat d’autant plus urgent que l’obscurantisme revient en force. Que l’on pense : 25% des étudiants américains croient au Créationnisme ! Et j’entends déjà la remarque qui souffle : « oui, mais c’est peut-être une hypothèse comme une autre … », remarque qui aurait été inconcevable il y a 20 ans. Cela ne serait même venu à l’idée de personne de faire ce genre de remarque il y a 20 ans, mais sans doute est-ce parce qu’on était moins tolérant alors. Voilà tout est dit …

Enfin pour terminer ce chapitre, Freud nous dit qu’il n’y a aucune crainte à avoir de la part des gens instruits. Même s’ils ne sont plus croyants, ils sont suffisamment savants pour avoir compris l’intérêt de la civilisation. Le danger ne vient pas d’eux. Encore qu’il faudrait approfondir ce point : le chef des Serbes de Bosnie, Karadzic, n’était-il pas psychiatre donc bien placé pour savoir comment les hommes fonctionnent ? N’a-t-il pas été un des pires tortionnaires du 20ème siècle condamné pour génocide ? Freud fait montre d’optimisme en affirmant que les gens cultivés sont épargnés par l’animalité qui est en eux … En revanche, si le commun des hommes comprend que Dieu n’existe pas, alors il se permettra tout car il n’aura plus peur du châtiment. On peut penser ici que Freud se montre ironique et qu’il n’accompagne pas ce dédain pour ses semblables. C’est pourtant ce que l’on a entendu, que l’on entend parfois même encore : si les hommes ne sont pas tenus par la religion, ils vont se conduire comme des bêtes. C’est avoir bien peu de considération pour nos semblables et faire montre de bien peu de charité … Comme le dit Freud, peut-être qu’ « il faut réviser radicalement le rapport entre civilisation et religion » p.92. En effet, plutôt que de croire que c’est la religion qui a permis l’avènement de la civilisation, ne peut-on partir d’une exigence pratique, ne pas tuer pour permettre la pérennité de l’espèce humaine, que l’on aurait ensuite « habillée » de religiosité ? Cela permettrait d’appuyer l’idée selon laquelle la civilisation humaine repose sur l’éducation et ne trouvera son salut que dans la transmission des savoirs contre tous les obscurantismes. A l’inverse, croire que c’est la religion qui soutient, fonde la civilisation, c’est croire que sans elle, les hommes sont condamnés à un retour à la barbarie. C’est croire que les hommes sont trop vils pour apprendre et comprendre. C’est maintenir les hommes sous la coupe de l’ignorance, comme l’a toujours si bien fait la religion. C’est ce que l’on appelle de l’auto-justification !

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Programme

Vendredi 6 octobre 2017, 18h30 - 20h30 Le Revenu d'existence par Mickaël Sylvain, professeur de sciences économiques et sociales Vendredi 10 novembre 2017, 18h30 - 20h30

La Philosophie de Michael Sandel par Dominique Jouault, professeur de philosophie

Vendredi 8 décembre, 18h30 - 20h30 Montesquieu et la vertu par Didier Carsin, professeur de philosophie

Les conférences ont lieu à l'université d'Evreux, rue du 7ème chasseur quartier Tilly.

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Chaque conférence dure environ une heure et est suivie d’une discussion avec l’intervenant.

Site de l’Université Populaire : http://up-evreux.viabloga.com

Pour nous écrire : universitepopulaireevreux@gmail.com